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Le pape François durcit les sanctions pénales contre la pédophilie




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Texte par FRANCE 24

Le pape François a signé un décret qui durcit les sanctions à l'encontre de tout acte de pédophilie au Vatican. Cette réforme du Code pénal prévoit également un renforcement de la répression des cas de corruption ou de blanchiment d'argent.

Le pape François a signé le jeudi 11 juillet 2013 un décret qui durcit les sanctions pour tout acte de pédophilie et crimes contre les mineurs. Selon cette nouvelle loi, les abus contre les personnes de moins de 18 ans comme "la vente, la prostitution, l'enrôlement et les violences sexuelles à leur encontre, la pédopornographie, la détention de matériel pédopornographique et les actes sexuels avec [ces derniers]" seront désormais inclus dans une définition plus large des crimes contre les mineurs, a annoncé le Vatican dans un communiqué.

En avril, le pape François avait demandé d'agir "avec détermination" contre les sévices sexuels commis par des membres du clergé. C'était la première fois que le pape argentin s'exprimait publiquement et directement sur ces sévices subis pendant des décennies par des dizaines de milliers d'enfants.

La justice autorisée à inculper les responsables de la Curie

Cette refonte du système pénal du Vatican ne s’arrête pas aux abus pédophiles et introduit aussi dans ses lois divers crimes déjà reconnus par des conventions internationales comme la torture, le génocide et la discrimination raciale. Il renforce, par exemple, la répression de cas de corruption ou de blanchiment d'argent comme ceux qui ont récemment secoué l'IOR, la banque du Vatican.

Il prévoit également l'extradition et une obligation de coopération judiciaire internationale pour les institutions du Saint-Siège, répondant ainsi aux observations de l'organe européen Moneyval contre le financement du terrorisme. Il autorise, de fait, la justice à inculper les responsables de la Curie romaine, y compris pour des crimes commis en dehors de l'État du Vatican.

Ce "motu proprio", nom du décret signé par le pape, vise donc à "ajuster aux paramètres internationaux" le système pénal du Vatican qui remontait à 1929. C'est une nouveauté par rapport à son prédécesseur Benoît XVI qui s'était surtout concentré sur un assainissement interne de l'Église et des diocèses via un limogeage des évêques et prêtres impliqués, tout en encourageant la coopération avec les autorités judiciaires civiles.